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Ville Mont-Royal : ce que février 2026 révèle vraiment sur votre marché

Février 2026 révèle un marché en transition : les prix tiennent, mais les délais de vente explosent et les acheteurs sont plus sélectifs. Derrière la stabilité apparente, les chiffres montrent un marché où la patience devient essentielle

8 min de lectureMis à jour le 10 mars 2026

Les chiffres de février confirment l’histoire qui se dessine maintenant depuis quelques mois: VMR est un marché en transition, où la limite de l'offre soutient les valeurs, mais où les acheteurs se font plus sélectifs et où certaines propriétés peinent à trouver preneur. Voici ce que les chiffres révèlent.

1. Les ventes : 7 transactions, un chiffre stable mais trompeur

En février 2026, VMR a enregistré 7 ventes, ce qui correspond exactement au résultat de février 2023 et au plancher historique de cette période. En comparaison : 11 ventes en 2021, 10 en 2022, 9 en 2024, et 7 en 2025. La tendance sur cinq ans pointe vers une légère contraction des volumes.

Il faut rappeler que, dans un marché comme VMR, 7 ventes en un mois ne signifient pas nécessairement un marché déprimé. L'inventaire disponible est naturellement restreint, il n'y a tout simplement pas des centaines de propriétés qui changent de mains chaque mois. La stabilité des volumes peut donc autant refléter un manque d'offre qu'un manque de demande.

Ce qui est certain : avec 76 inscriptions actives en février 2026, il y aurait eu matière à plus de transactions si les conditions l'avaient permis. L'écart entre l'inventaire disponible et les ventes conclues suggère que les acheteurs sont devenus plus prudents.

2. Le délai de vente médian : 203 jours, le signal le plus fort du marché

C'est le chiffre qui frappe le plus dans cette analyse : le délai de vente médian de février 2026 atteint 203 jours, soit près de sept mois. Il s'agit du niveau le plus élevé jamais enregistré pour un mois de février.

En février 2022, en pleine fièvre post-pandémique, les propriétés se vendaient en 17 jours en médiane. En 2023, après la remontée brutale des taux d'intérêt, ce délai a bondi à 78 jours. En 2024, il atteignait 104 jours. En 2025, une anomalie statistique a ramené le chiffre à seulement 19 jours, vraisemblablement le reflet d'un très petit nombre de transactions sur des propriétés déjà bien positionnées (rappelons aussi les baisses de taux d’intérêts successives). Et voilà qu'en 2026, on atteint 203 jours.

Que nous dit cette donnée concrètement ? Les propriétés qui se sont vendues en février 2026 ont, pour la plupart, été mises en marché à l'été ou à l'automne 2025. Elles ont attendu. Soit parce qu'elles étaient initialement surévaluées et ont nécessité une ou plusieurs réductions de prix, soit parce que leur profil (configuration, emplacement, état) les destinait à un bassin d'acheteurs particulièrement restreint.

Ce délai record ne signifie pas que toutes les propriétés de VMR stagnent. Dans un marché à faible volume, un seul bien mis en marché en juillet et vendu en février peut faire exploser la médiane. Mais il confirme néanmoins qu'une proportion significative de l'inventaire peine à trouver preneur rapidement.

3. Les prix médians : résilience structurelle à 1 650 000 $

Le prix de vente médian de février 2026 s'établit à 1 650 000 $. Ce chiffre est en recul par rapport aux sommets de 2021 (2 280 000 $) et de 2025 (1 829 000 $), mais il demeure nettement supérieur aux niveaux de 2024 (1 585 000 $). Et surtout, il se maintient bien au-delà du million et demi. On ne voit pas une tendance linéaire, mais plutôt une volatilité typique des marchés à faible volume, où quelques transactions peuvent déplacer la médiane de plusieurs centaines de milliers de dollars.

Ce qui est significatif, c'est l'absence d'effondrement des prix. Malgré des délais de vente qui s'allongent et une sélectivité accrue des acheteurs, VMR conserve sa valeur fondamentale. La rareté des propriétés disponibles dans cette enclave protégée, combinée à la qualité du cadre de vie, continue d'attirer une clientèle peu sensible aux fluctuations de taux.

4. Le ratio prix/prix original à 93 % : des vendeurs qui tiennent bon

En février 2026, les acheteurs ont en moyenne payé 93 % du prix original demandé, soit une décote de 7 % par rapport au prix d'affichage. C'est une marge de négociation modeste, et elle est remarquablement stable depuis 2023 (94 % en 2023, 91 % en 2024, 98 % en 2025).

À titre de comparaison, rappelons qu'en février 2022, ce ratio atteignait 100 % — les propriétés se vendaient exactement au prix demandé, voire au-dessus dans certains cas (surenchères). Ce contexte de guerre d'offres appartient désormais au passé pour VMR. Mais on est loin d'un marché où les vendeurs sont forcés à de grandes concessions.

Sur des propriétés dont le prix médian tourne autour de 1,7 million de dollars, un écart de 7 % représente environ 115 000 à 120 000 $ de négociation potentielle. Pour un acheteur, c'est substantiel. Pour un vendeur, c'est acceptable si le prix initial était bien calibré. Ce ratio suggère que les vendeurs de VMR ne paniquent pas, ils acceptent de négocier un peu, mais ils ne bradent pas.

5. Les inscriptions actives à 76 : une offre abondante... mais relative

En février 2026, on dénombre 76 propriétés inscrites actives sur le marché de VMR. C'est le deuxième niveau le plus élevé depuis 2021, derrière les 79 inscriptions de février 2025. Pour comparaison : on en comptait seulement 22 en 2021 et 22 en 2022, les années de faible inventaire et de forte compétition.

L'augmentation des inscriptions actives depuis 2023 (52 propriétés) témoigne d'un retour de la confiance côté vendeurs, ou d'une nécessité pour certains de vendre malgré un marché moins favorable. Avec 76 inscriptions pour 7 ventes en un seul mois, le ratio est éloquent : il faudrait, au rythme actuel, environ 11 mois pour écouler l'inventaire existant. 

L’inventaire abondant mais des prix stables sont la marque distinctive des marchés de prestige. Les vendeurs de VMR ont généralement les moyens d'attendre. Ils ne sont pas forcés de vendre et préfèrent retirer leur propriété du marché plutôt que de la céder à rabais.

6. Les inscriptions expirées à 12 : la soupape du marché

En février 2026, 12 inscriptions ont expiré sans résultat, le niveau le plus élevé jamais observé pour ce mois dans notre historique (0 en 2021, 0 en 2022, 8 en 2023, 5 en 2024, 5 en 2025). Cette donnée est cruciale : elle révèle que les vendeurs sont prêts à retirer leurs propriétés du marché plutôt qu'à accepter un prix jugé insuffisant.

Ce comportement est cohérent avec les autres indicateurs. Des délais longs, un ratio de négociation modéré et des prix qui tiennent : tout indique que les vendeurs de VMR adoptent une stratégie d'attente. Certains réinscriront leur propriété au printemps, potentiellement avec une stratégie de prix révisée. D'autres attendront une amélioration des conditions de marché.

7. Analyse croisée : ce que tout cela signifie ensemble

Un marché à deux vitesses. Certaines propriétés bien positionnées en termes de prix, d'état et d'emplacement se vendent encore rapidement et proche du prix demandé. D'autres, souvent surévaluées ou nécessitant des travaux, restent longtemps en marché, contribuant à gonfler la médiane des délais à 203 jours.

La rareté soutient les prix malgré l'abondance apparente. Avec 76 inscriptions actives mais seulement 7 ventes, on pourrait s'attendre à une correction des prix. Ce n'est pas le cas, parce que VMR est un marché de niche où les vendeurs ne sont pas contraints de vendre.

Février 2026 marque une bifurcation par rapport à 2022. La parenthèse enchantée du marché à 17 jours de délai et 100 % du prix demandé est bel et bien fermée. Le marché de VMR retrouve une certaine normalité où les acheteurs ont davantage de temps pour décider et de marge pour négocier.

Les signaux pour le printemps 2026. Historiquement, le printemps est la saison la plus active à VMR. Avec un inventaire déjà élevé et plusieurs propriétés ayant expiré en janvier et février, la saison printanière s'annonce chargée côté offre. Si la demande ne suit pas, notamment en raison des taux d'intérêt encore contraignants pour certains acheteurs, les délais pourraient rester longs.

Conclusion : VMR reste un marché de valeur, mais la patience est de mise

Février 2026 envoie un message clair aux vendeurs : le temps de la vente rapide et au-dessus du prix demandé est révolu. Pour réussir dans ce marché, une propriété doit être bien mise en valeur, correctement évaluée dès le départ et accompagnée par un professionnel qui connaît les nuances de ce marché particulier. Une stratégie de prix trop ambitieuse mène directement à l'expiration du contrat,comme le montrent les 12 inscriptions qui n'ont pas abouti ce mois-ci.

Pour les acheteurs, le marché actuel offre davantage de choix, un peu plus de temps pour réfléchir et une marge de négociation modeste mais réelle. C'est une fenêtre d'opportunité rare pour acquérir une propriété dans ce secteur convoité, avant que les conditions de taux potentiellement plus favorables en 2026-2027 ne ramènent une compétition plus intense.

Données sources : Centris / APCIQ — Ville Mont-Royal, janvier 2021 à février 2026. Analyse réalisée à partir de six indicateurs : ventes (nombre), prix de vente médian, délai de vente médian, inscriptions en vigueur, inscriptions expirées et ratio prix de vente/prix original.

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