Deuxième trimestre à Montréal : plus de choix, mais les bonnes propriétés se vendent encore rapidement
Le deuxième trimestre de 2026 confirme un changement de rythme sur le marché immobilier montréalais. Les acheteurs disposent de davantage de propriétés à comparer et les ventes ralentissent.

Nous ne sommes donc ni devant un marché complètement favorable aux vendeurs, ni devant un renversement généralisé au profit des acheteurs. Nous entrons plutôt dans un marché plus sélectif, où le prix demandé, l’état de la propriété et la qualité de sa mise en marché font une différence considérable.
Les ventes ralentissent au printemps
D’avril à juin 2026, 1 345 ventes ont été enregistrées dans le marché analysé, comparativement à 1 549 au deuxième trimestre de 2025.
Il s’agit d’une diminution de 13,2 %.
Le ralentissement s’est manifesté pendant chacun des trois mois du trimestre :
- avril : 458 ventes, en baisse de 10,5 %;
- mai : 472 ventes, en baisse de 15,3 %;
- juin : 415 ventes, en baisse de 13,5 %.
Le marché a tout de même profité de l’activité saisonnière du printemps. Les ventes ont augmenté par rapport au premier trimestre. Cette accélération a toutefois été beaucoup moins prononcée qu’au printemps précédent.
Autrement dit, les acheteurs sont toujours présents, mais ils prennent davantage leur temps avant de déposer une offre.

Plus de propriétés sur le marché
Pendant que les ventes diminuaient, le nombre moyen d’inscriptions en vigueur est passé d’environ 2 090 au deuxième trimestre de 2025 à 2 160 en 2026.
Cette hausse de 3,3 % peut sembler modeste. Elle devient toutefois plus significative lorsqu’on la combine à la baisse des transactions.
En avril, environ 21,5 % des propriétés disponibles ont trouvé preneur. Le ratio est demeuré semblable en mai, avant de reculer à 19,2 % en juin.
Le nombre théorique de mois d’inventaire est ainsi passé d’environ quatre mois au printemps 2025 à près de cinq mois en 2026.
Cela signifie que les acheteurs ont plus de choix et qu’ils peuvent comparer davantage les propriétés, les rénovations, les emplacements et les prix demandés.
Pour les vendeurs, cela signifie également qu’il est plus difficile de compter uniquement sur la rareté pour provoquer une vente.

Pourquoi les prix résistent-ils malgré la baisse des ventes?
La moyenne des prix médians mensuels du trimestre atteint environ 838 000 $, comparativement à 801 000 $ durant la même période en 2025.
Cela représente une progression d’environ 4,6 %.
À première vue, cette hausse pourrait sembler contradictoire avec le ralentissement des transactions. Elle ne l’est pas nécessairement.
Le prix médian a beaucoup fluctué pendant le trimestre :
- 878 750 $ en avril;
- 785 500 $ en mai;
- 850 000 $ en juin.
Ces écarts ne signifient pas que la valeur de toutes les propriétés montréalaises a chuté en mai avant de remonter en juin. Ils reflètent surtout la composition des ventes réalisées chaque mois.
Lorsqu’un plus grand nombre de maisons haut de gamme sont vendues, le prix médian augmente. Lorsque les transactions concernent davantage de copropriétés, de propriétés plus petites ou de résidences nécessitant des travaux, il diminue.
Il faut donc éviter de tirer des conclusions à partir d’un seul chiffre.
La tendance importante est plutôt la suivante : malgré une demande moins intense, les propriétés qui trouvent preneur continuent de se vendre à des valeurs élevées.
Un marché à deux vitesses
Le délai médian de vente s’est établi à environ 17 jours au deuxième trimestre, soit pratiquement le même résultat qu’en 2025.
Cela peut sembler étonnant dans un contexte où les ventes diminuent et où l’inventaire augmente.
Il faut cependant rappeler que le délai médian tient compte des propriétés vendues. Il ne mesure pas directement le temps passé sur le marché par les propriétés qui demeurent disponibles.
Deux réalités peuvent donc coexister.
Les propriétés bien situées, préparées avec soin et affichées à un prix cohérent peuvent encore recevoir rapidement des offres.
À l’inverse, les propriétés surévaluées ou présentant des compromis importants risquent de rester plus longtemps sur le marché, même lorsque les statistiques générales indiquent un délai de vente relativement court.
Le marché ne récompense plus automatiquement toutes les inscriptions. Il récompense surtout les propriétés dont le positionnement correspond aux attentes actuelles des acheteurs.

Ce que cela signifie pour les vendeurs
Dans ce contexte, la stratégie de prix devient encore plus importante.
Les premières semaines suivant la mise en marché demeurent déterminantes. C’est généralement durant cette période que la propriété bénéficie de sa plus grande visibilité auprès des acheteurs actifs.
Un prix trop élevé peut réduire le nombre de visites et donner l’impression qu’il existe un problème avec la propriété. Lorsque le prix est finalement ajusté plusieurs semaines plus tard, les acheteurs peuvent devenir plus prudents ou tenter de négocier davantage.
Le prix demandé doit donc être établi en fonction des ventes récentes, mais aussi des propriétés concurrentes actuellement disponibles.
Il faut également tenir compte des inscriptions qui ont subi une réduction de prix, de celles qui sont demeurées longtemps sur le marché et de celles qui ont été retirées sans être vendues.
Dans un marché plus sélectif, la présentation de la propriété, la qualité des documents, la stratégie de diffusion et la rapidité des suivis peuvent aussi influencer directement le résultat.
Ce que cela signifie pour les acheteurs
Pour les acheteurs, l’augmentation de l’inventaire crée davantage d’occasions.
Ils peuvent prendre le temps de comparer plusieurs propriétés et conserver des conditions importantes, notamment en matière de financement et d’inspection.
Les propriétés actives depuis plusieurs semaines peuvent offrir une certaine marge de négociation, particulièrement lorsqu’elles ont déjà subi une réduction de prix ou lorsqu’elles font face à plusieurs concurrents comparables.
Cela ne signifie toutefois pas que toutes les propriétés se négocient de la même façon.
Une maison rénovée, bien située et affichée au juste prix peut encore attirer plusieurs acheteurs. À l’inverse, une copropriété située dans un immeuble où plusieurs unités semblables sont à vendre donnera généralement plus de levier à l’acheteur.
La stratégie doit donc être adaptée à chaque propriété, et non uniquement aux statistiques générales du marché.
Un marché plus équilibré, mais toujours exigeant
Le deuxième trimestre de 2026 ne marque pas une chute du marché immobilier montréalais.
Il marque plutôt une transition.
Les acheteurs sont plus sélectifs. Les propriétés disponibles sont plus nombreuses. Les ventes diminuent, mais les prix demeurent soutenus et les propriétés bien positionnées continuent de se vendre rapidement.
Pour les vendeurs, le principal risque est désormais de surestimer la demande.
Pour les acheteurs, le principal risque est de croire que le ralentissement donne automatiquement accès à des rabais importants sur toutes les propriétés.
Dans les deux cas, une analyse précise du secteur, du type de propriété et des transactions récentes demeure essentielle.
Vous envisagez de vendre ou d’acheter à Montréal?
Les statistiques générales permettent de comprendre la direction du marché. La valeur réelle d’une propriété dépend toutefois de facteurs beaucoup plus précis : son emplacement, son état, sa superficie, ses rénovations et les propriétés avec lesquelles elle est directement en concurrence.
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